Exercice pilote · ACPR — AMF — Banque de France

System-Wide Stress Test
la résilience collective du système financier français à l'épreuve

Une lecture du rapport intermédiaire de juin 2026 : un exercice exploratoire calibré sur la pire période de stress observée en 20 ans, conçu pour révéler ce que les stress tests sectoriels classiques ne voient pas.

1 300Md€ d'actifs gérés couverts
16Entités d'assurance
40Sociétés de gestion
66 %Du marché vie français

Pourquoi un stress test système-large ?

Quinze ans de renforcement de la régulation microprudentielle ont rendu chaque institution individuellement plus robuste. Mais deux tendances de fond montrent que la solidité de chaque acteur pris isolément ne garantit pas la stabilité du système dans son ensemble.

30 %
Part stable du NBFI en France
Depuis 25 ans, contrairement à la tendance mondiale haussière de la finance non-bancaire — un trait distinctif du système français.
4
Épisodes récents de stress de liquidité
Dash for cash (2020), Archegos (2021), crise énergétique (2021-2022), turmoil des Gilts britanniques (2022).
100 %
Des G-SIB françaises couvertes
Toutes les banques systémiques françaises participent, ainsi qu'une filiale française significative d'une G-SIB étrangère.
Le constat des autorités

Des institutions individuellement saines peuvent, collectivement, générer ou amplifier une dynamique déstabilisante — un phénomène que les stress tests sectoriels classiques, qui traitent les contreparties comme exogènes, ne peuvent pas capturer.

Trois canaux de transmission de la contagion

L'exercice est structuré autour de trois mécanismes par lesquels un choc de marché peut se propager et s'amplifier à travers le système.

Expositions croisées

Détentions de titres, lignes de crédit, dérivés et opérations de financement entre participants — un réseau de liens bilatéraux difficile à observer par des exercices sectoriels isolés.

Besoins de liquidité en chaîne

Rachats, retraits de dépôts, tirages de lignes, appels de marge : chaque action de gestion affecte directement les contreparties et peut amplifier leurs propres tensions de liquidité.

Concentration d'actifs et fire-sale

Plusieurs institutions détenant les mêmes actifs peuvent être contraintes de les vendre simultanément, créant un déséquilibre offre/demande qui amplifie le choc initial.

L'exemple EIOPA 2024 — quand les réponses individuelles ne s'additionnent pas
Situation normale (flux net)
+93 Md€ (achats nets)
Sous scénario de stress agrégé
-306 Md€ (ventes nettes)
Ce que révèle l'exemple

Déclenché par 339 Md€ de rachats sous scénario de "mass lapse", chaque assureur pouvait individuellement faire face à ses besoins de liquidité. Mais l'agrégation de leurs plans aurait représenté environ 4 % du volume de trading obligataire EEA en un seul trimestre — de quoi déprimer les prix des actifs dont dépendent leurs propres bilans. C'est précisément la lacune méthodologique que le SWST cherche à combler par un second tour intégrant les effets de prix.

Un choc statistique, sans narratif macroéconomique

Le scénario simule un choc de marché sévère sur 10 jours ouvrés, calibré sur la pire période de deux semaines observée en 20 ans — sans aucun récit macroéconomique associé, afin de tester la résilience structurelle plutôt que des plans de contingence spécifiques à une crise donnée. Les participants répondent en temps réel, sans connaître la trajectoire complète du choc ("fog of crisis"), et sans hypothèse de soutien public exceptionnel.

0 %
50 %
100 %
125 %
120 %
110 %
100 %
T0 J1 J2 J3 — pic J4 J5 J10
Profil temporel du choc (% du choc final à J10) — le scénario inclut une phase de surréaction : les variables atteignent 125 % de leur niveau final dès J3, point de pression maximale sur la liquidité, avant une relaxation partielle.
Facteur de risque J3 (pic, avec surréaction) J10 (niveau calibré, 1 fois en 20 ans)
Actions UE-31,25 %-25 %
Actions hors UE-25 %-20 %
Volatilité actions+37,5 pts+30 pts
Taux d'intérêt UE+62,5 pb+50 pb
Spreads souverains — risque élevé+87,5 pb+70 pb
Spreads souverains — risque moyen+50 pb+40 pb
iTraxx Investment Grade+87,5 pb+70 pb
iTraxx High Yield+350 pb+280 pb
iTraxx Subordonnées financières+237,5 pb+190 pb
EUR/USD-6,25 %-5 %
Une approche bottom-up complétée d'un module top-down

Les participants déclarent leurs actions de gestion réelles (ce qu'ils vendraient, quand, à quel volume, vers quelles contreparties), tandis que les autorités modélisent en parallèle le « reste du monde » et estiment les effets de prix de second tour — permettant de confronter la diversité des comportements déclarés à leur faisabilité collective.

Un exercice en deux manches, jusqu'à fin 2026

Conduit conjointement par l'ACPR, l'AMF et la Banque de France sous principe d'anonymat et de confidentialité stricte (aucune conséquence prudentielle individuelle), l'exercice a été co-construit avec les participants avant sa première manche.

Mars – Mai 2025

Ateliers de co-construction

Scénario, gabarits de déclaration et guidance méthodologique discutés sectoriellement avec les participants.

Août 2025

Lancement formel de la 1ère manche

Échéance indicative de soumission fin octobre 2025, avec extensions bilatérales ; dernières soumissions reçues au T1 2026.

T1 2026 – Mi-juin 2026

Analyse et conception de la 2ème manche

Contrôles de cohérence individuelle, réconciliation bilatérale et agrégation système-large des soumissions.

Juin – Juillet 2026

Seconde manche

Scénario ajusté intégrant les effets de prix de second tour identifiés en première manche.

T4 2026

Publication du rapport final

Résultats agrégés et anonymisés uniquement — aucun résultat individuel publié.

Ce qu'il faut retenir

Un diagnostic, pas une notation

Exercice purement exploratoire : aucune conséquence supervisée individuelle, conclusions tirées au niveau du système uniquement.

Une articulation bottom-up / top-down

Les déclarations des participants révèlent les comportements réels ; la modélisation des autorités comble les angles morts du périmètre observé.

Un périmètre encore incomplet

Hedge funds offshore, fonds de pension et CCP étrangères restent hors échantillon bottom-up — partiellement compensés par le module top-down.

Source : ACPR, AMF, Banque de France — System-Wide Stress Test Interim Report, juin 2026
Synthèse et mise en forme par Nexialog Consulting
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