System-Wide Stress Test
la résilience collective du système financier français à l'épreuve
Une lecture du rapport intermédiaire de juin 2026 : un exercice exploratoire calibré sur la pire période de stress observée en 20 ans, conçu pour révéler ce que les stress tests sectoriels classiques ne voient pas.
Pourquoi un stress test système-large ?
Quinze ans de renforcement de la régulation microprudentielle ont rendu chaque institution individuellement plus robuste. Mais deux tendances de fond montrent que la solidité de chaque acteur pris isolément ne garantit pas la stabilité du système dans son ensemble.
Des institutions individuellement saines peuvent, collectivement, générer ou amplifier une dynamique déstabilisante — un phénomène que les stress tests sectoriels classiques, qui traitent les contreparties comme exogènes, ne peuvent pas capturer.
Trois canaux de transmission de la contagion
L'exercice est structuré autour de trois mécanismes par lesquels un choc de marché peut se propager et s'amplifier à travers le système.
Expositions croisées
Détentions de titres, lignes de crédit, dérivés et opérations de financement entre participants — un réseau de liens bilatéraux difficile à observer par des exercices sectoriels isolés.
Besoins de liquidité en chaîne
Rachats, retraits de dépôts, tirages de lignes, appels de marge : chaque action de gestion affecte directement les contreparties et peut amplifier leurs propres tensions de liquidité.
Concentration d'actifs et fire-sale
Plusieurs institutions détenant les mêmes actifs peuvent être contraintes de les vendre simultanément, créant un déséquilibre offre/demande qui amplifie le choc initial.
Déclenché par 339 Md€ de rachats sous scénario de "mass lapse", chaque assureur pouvait individuellement faire face à ses besoins de liquidité. Mais l'agrégation de leurs plans aurait représenté environ 4 % du volume de trading obligataire EEA en un seul trimestre — de quoi déprimer les prix des actifs dont dépendent leurs propres bilans. C'est précisément la lacune méthodologique que le SWST cherche à combler par un second tour intégrant les effets de prix.
Un choc statistique, sans narratif macroéconomique
Le scénario simule un choc de marché sévère sur 10 jours ouvrés, calibré sur la pire période de deux semaines observée en 20 ans — sans aucun récit macroéconomique associé, afin de tester la résilience structurelle plutôt que des plans de contingence spécifiques à une crise donnée. Les participants répondent en temps réel, sans connaître la trajectoire complète du choc ("fog of crisis"), et sans hypothèse de soutien public exceptionnel.
| Facteur de risque | J3 (pic, avec surréaction) | J10 (niveau calibré, 1 fois en 20 ans) |
|---|---|---|
| Actions UE | -31,25 % | -25 % |
| Actions hors UE | -25 % | -20 % |
| Volatilité actions | +37,5 pts | +30 pts |
| Taux d'intérêt UE | +62,5 pb | +50 pb |
| Spreads souverains — risque élevé | +87,5 pb | +70 pb |
| Spreads souverains — risque moyen | +50 pb | +40 pb |
| iTraxx Investment Grade | +87,5 pb | +70 pb |
| iTraxx High Yield | +350 pb | +280 pb |
| iTraxx Subordonnées financières | +237,5 pb | +190 pb |
| EUR/USD | -6,25 % | -5 % |
Les participants déclarent leurs actions de gestion réelles (ce qu'ils vendraient, quand, à quel volume, vers quelles contreparties), tandis que les autorités modélisent en parallèle le « reste du monde » et estiment les effets de prix de second tour — permettant de confronter la diversité des comportements déclarés à leur faisabilité collective.
Un exercice en deux manches, jusqu'à fin 2026
Conduit conjointement par l'ACPR, l'AMF et la Banque de France sous principe d'anonymat et de confidentialité stricte (aucune conséquence prudentielle individuelle), l'exercice a été co-construit avec les participants avant sa première manche.
Ateliers de co-construction
Scénario, gabarits de déclaration et guidance méthodologique discutés sectoriellement avec les participants.
Lancement formel de la 1ère manche
Échéance indicative de soumission fin octobre 2025, avec extensions bilatérales ; dernières soumissions reçues au T1 2026.
Analyse et conception de la 2ème manche
Contrôles de cohérence individuelle, réconciliation bilatérale et agrégation système-large des soumissions.
Seconde manche
Scénario ajusté intégrant les effets de prix de second tour identifiés en première manche.
Publication du rapport final
Résultats agrégés et anonymisés uniquement — aucun résultat individuel publié.
Ce qu'il faut retenir
Un diagnostic, pas une notation
Exercice purement exploratoire : aucune conséquence supervisée individuelle, conclusions tirées au niveau du système uniquement.
Une articulation bottom-up / top-down
Les déclarations des participants révèlent les comportements réels ; la modélisation des autorités comble les angles morts du périmètre observé.
Un périmètre encore incomplet
Hedge funds offshore, fonds de pension et CCP étrangères restent hors échantillon bottom-up — partiellement compensés par le module top-down.
Synthèse et mise en forme par Nexialog Consulting